Vivre sans elle

J’ai perdu ma maman, cela fera 8 ans dans quelques mois. Et je ne m’en remets toujours pas.
Après toutes ces années, on se dit que ça y est, on est sorti d’affaire, que l’on va moins souffrir mais c’est faux, la douleur est toujours là, juste un peu moins présente mais toujours prête à se manifester et à vous tordre le cœur et le corps de douleur.

Ma maman est partie alors que je venais de donner naissance à mon fils. J’ai du apprendre à devenir mère, tout en faisant le deuil de la mienne.
Si j’ai réussi à devenir maman, tant bien que mal, je n’ai pas réussi à faire le deuil. Durant un an, j’ai lutté contre la douleur comme une tigresse, bien décidée à ne pas me laisser abattre. Mon fils avait besoin de moi, mon père aussi, faisant reposer toute sa peine sur mes épaules.
Ça a duré un an, un an où je refusais les larmes, où je luttais sans cesse. Je pleurais dans ma voiture, avant d’aller au boulot, le soir en rentrant, seule dans mon lit mais jamais devant les autres. Parfois devant mon compagnon.

Et puis les digues ont cédé, un an à retenir la douleur, fallait bien qu’il se passe quelque chose. Et là, j’ai failli tout perdre : mon fils, mon compagnon … j’ai perdu le contrôle de ma vie, j’ai perdu mon identité. J’ai fais des choses dont je porte encore aujourd’hui la culpabilité, je voulais tellement vivre et cesser d’avoir mal. Mais la douleur ne cesse pas aussi facilement, et l’isolement dans lequel je m’étais enfermé, les croyances que je m’étaient forgées m’ont clouées sur place.

Alors, j’ai essayé de récupérer ma vie et j’ai essayé de combattre, de faire – enfin – mon deuil, accompagnée par une psy. Aujourd’hui, je vais mieux mais certains signes sont bien là pour rappeler que non, 8 ans après, ce n’est pas fini et que vivre sans sa maman, c’est une souffrance terrible.

C’est la première fois aujourd’hui que je pose des mots sur ce que j’ai vécu, je ne pensais pas le faire un jour. Si je pensais bien qu’écrire pouvait me faire du bien, je n’imaginais pas vous livrer mes premiers mots.

J’espère que ce billet, beaucoup plus personnel que les autres ne vous mettra pas mal à l’aise. Si c’est le cas, si vous trouvez que je manque de pudeur, dites le moi, je le supprimerai. Parfois, on manque de recul sur ses propres sentiments …

Take Care

51 Responses

Add a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *