Le bio bon et le bio pas bon

Le savez-vous ? il y aurait deux sortes de produits biologiques, le bio vertueux et le bio tout caca.
C’est en trainant sur un groupe Facebook il y a quelque temps, durant l’une de mes innombrables séances de procrastination, que je suis tombée sur ce mini-débat sur la provenance des produits biologiques.

Cela fait un moment que le bio envahi mes placards : dans ma salle de bain depuis plusieurs années et dans ma cuisine de plus en plus. Surtout depuis que je ne mange plus de viande du tout …
J’ai toujours eu pour habitude d’aller faire quelques courses en magasins biologiques. Etant curieuse de nature, j’aime apporter des saveurs différentes dans ma cuisine et mon QG est Paris-Store tout près de chez moi que je fréquente très régulièrement.

Le bio industriel

Je suis persuadée que la santé passe d’abord par l’assiette. Cela me semble tellement évident, tellement logique !!
Alors en même temps que mes préférences alimentaires se sont transformées, mes habitudes de ménagère de moins de 50 ans également et j’évite au maximum les supermarchés pour privilégier primeurs, producteurs locaux et magasins de proximité dont magasins bios. Malheureusement, le temps me manque parfois pour cumuler les enseignes, la fainéantise fait également sa part de boulot et je me retrouve encore trop souvent à mon goût chez Carrouf à devoir jongler entre les désirs de ma famille – peu adepte du quinoa et du dhal de lentilles corail – et mes exigences culinaires.

Vous connaissez l’attitude du “perdu pour perdu” qui consiste, dès que l’on sort de sa ligne de conduite – arrêt du chocolat, de la clope, de la junkfood … – à se dire : “eh bien comme j’ai lâché mes résolutions, à quoi bon, autant se vautrer – dans le chocolat, la clope, la junkfood … !”
J’ai pleiiiin de défauts mais celui-ci ne passera pas par moi et en tant qu’adepte de la politique des petits pas, j’essaie de maintenir ma ligne de conduite, même si celle-ci défaille souvent.

Donc chez Carrouf, je vais souvent au rayon bio me ravitailler en vrac, pâtes, galettes de polenta, œufs, lait et biscuits pour mon fils.

Sauf que le bio chez Carrouf … cela reste de l’industriel et pour certains, c’est du bio caca tout pourri !

On retrouve le même débat dans les cosmétiques : de la marque biologique pas chère aux critères moins strictes que sa voisine qui va coûter un bras, de la plateforme géante d’achat de produits bios en ligne dont les méthodes d’extraction des huiles essentielles et végétales ne sont pas aussi précises que celles des petits producteurs locaux … bref, il y a le bio vertueux et le reste …

Et il parait même qu’entre les magasins bios eux-mêmes, il y a ceux qui ont une véritable conscience environnementale et les autres, à éviter ABSOLUMENT nous disent certains … de quoi nous rendre chèvre non ?
Déjà que l’on doit jongler entre les différentes enseignes conventionnelles et biologiques, si maintenant, il faut faire 15 kilomètres de plus pour choisir entre magasin bio et magasin bio … on ne s’en sort plus !

Oui mais du bio quand même

Dans un monde idéal, je n’achèterais que des produits bons pour la santé, produits avec amour, à petite échelle, de manière respectueuse pour l’environnement, la nature, les hommes et qui permettraient à  chacun de tirer un salaire correct de son travail mais voilà, la vie – la mienne et la vôtre aussi, j’en suis certaine – n’est pas parfaite et on a beau tout faire pour éviter Carrouf un vendredi soir à 19h30, il arrive qu’on ne puisse y échapper.

Alors plutôt que de culpabiliser d’acheter parfois chez le grand vilain industriel – que j’exècre hein vraiment – je préfère assumer, ne pas me flageller et tenter de m’organiser mieux une prochaine fois pour me ravitailler ailleurs.

La démocratisation des produits biologiques

Il y a quelques années, les produits bios étant inconnus ou presque. On a vu ensuite fleurir des magasins bios un peu partout, puis les grandes enseignes ont apporté quelques produits estampillés AB agriculture biologique dans leurs rayons traditionnels, et maintenant, ce sont des rayons entiers consacrés à cette pratique … avec un peu d’espoir et la mobilisation de chacun d’entre nous, on peut espérer que dans quelques années, les produits conventionnels plein d’huile de palme et autres cochonneries seront perdus dans la masse des produits bios … bon, je rêve un peu là …

Mais vous voyez où je veux en venir ? Ce sont les consommateurs qui doivent fixer les règles du jeu et plus nous irons vers une alimentation biologique, plus la demande sera forte et plus l’offre sera intéressante. Et pour convertir un maximum de monde, qui de mieux que les grandes enseignes qui drainent la majorité des consommateurs ?

Il n’est pas évident pour tous encore de pousser la porte d’un magasin bio – et pourtant, ils ne ressemblent plus aux affreux magasins babos que l’on trouvait au début du bio – par contre, tout le monde ou presque va chez Carrouf et consorts. Et de plus en plus fréquente les rayons bios de ces enseignes … alors l’espoir est permis de changer le monde non ?

Qui restent chers encore

Lorsque l’on passe à une alimentation bio, on cuisine différemment, c’est un fait et les différences de prix entre produits bios et produits conventionnels tendent à se lisser mais reconnaissons-le, les produits bios coûtent généralement plus chers … sauf dans les grandes enseignes où une tablette de chocolat bio sera au même prix qu’une tablette de chocolat de marque – elle sera même parfois moins chère, les marques ne se gênant pas pour gonfler leur prix plus que de raison.

Et en ces périodes de vaches maigres où les salaires ne décollent pas beaucoup tandis que tout le reste augmente, pouvoir faire coïncider ses valeurs personnelles et l’épaisseur de son portefeuille, c’est plutôt pas mal je trouve …

Alors oui, le bio industriel, c’est un concept très très discutable qui repose bien plus que l’opportunité commerciale que sur une prise de conscience de l’environnement
Alors oui, les industriels continuent à s’en mettre plein les poches sur le dos des producteurs
Alors oui, les produits biologiques de supermarché contiennent moins d’ingrédients nobles et ne sont pas dénués de toxicité
Et oui, je suis persuadée que des pratiques honteuses se cachent derrière bien des labels bios

Mais c’est déjà ça !

Qu’en pensez-vous ?
Ou faites-vous vos courses ? Produits bios ? pas bios ? supermarchés ? magasins bios ?
Venez en discuter, ça nous intéresse 🙂

18 commentaires sur “Le bio bon et le bio pas bon

  • Répondre Itineramagica sur

    Attention, avis iconoclaste.
    Je suis hyper vigilante sur l’alimentation, végétarienne à l’extérieur végétalienne à la maison, attentive aux labels, aux provenances, aux démarches qui rémunèrent correctement les producteurs, à la localité. Et je n’achète que très peu de bio – un peu, des produits que j’apprécie, mais ça n’est vraiment pas un critère pour moi. Je déteste la diabolisation de l’agriculture conventionnelle de qualité, le fait qu’on pousse les gens à rejeter le producteur conventionnel d’à côté de chez eux qui fait un super boulot ultra contrôlé pour aller acheter du bio du Brésil ou de Chine. Les normes bio sont complètement fantaisistes dans tout un tas de pays et la France accepte ces produits alors qu’elle impose des normes bien plus contraignantes à ses propres producteurs non bio. Par ex, des produits phytosanitaires interdits en France et donc non utilisés sur les bananes conventionnelles venues de Guadeloupe et Martinique… sont utilisés sur les bananes bio venus des autres pays des caraibes ! Et j’ai des millions d’exemples comme ça. Je trouve le bio en France sympa car il permet des plus grosses marges et fait vivre des agriculteurs qui auraient pas pu se démarquer en conventionnel, mais c’est un atout économique, pas écologique ou sanitaire. Bref, le bio c’est cool si ça fait vivre des gens, mais il faut arrêter de présenter ça comme la seule solution possible et de diaboliser le reste – l’agriculture raisonnée, locale, respectueuse, elle existe aussi en conventionnel. Pas loin de chez moi, y a un magasin que j’adore, couleurs paysannes, qui permet d’acheter avec le moins d’intermédiaires possibles des produits fabriqués dans un rayon de 150km par des producteurs engagés dans une démarche de qualité. C’est un vrai supermarché, il y a de tout. Ce sont des passionnés. Dans le magasin, il y a à peu près 65% de conventionnel pour 35% de bio et pas de guéguerre entre les deux camps. Ca résume bien ma façon de penser : made in France, oui, made chez moi, encore mieux, made avec soin et passion, le top, mais bio ou pas bio ? Pardon, mais rien à faire !

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      alors tout à fait d’accord avec toi, le bio ne doit pas pousser à diaboliser les producteurs qui bossent correctement en France. Je privilégie d’ailleurs bien souvent le petit producteur de mon village, qui n’est pas bio mais je sais clairement d’où viennent les poules et les légumes que je consomme puisque je les vois 🙂 Il s’agit de petites productions faites “proprement” et entre du bio industriel et du non bio “artisanal” ou presque, mon choix est vite fait.
      Là où je fustige les agriculteurs, c’est dans le cas des grosses productions où seul le rendement est recherché sans aucun questionnement sur la santé publique. Et malheureusement, c’est la majorité des productions en France.
      Sans oublier qu’aujourd’hui, tout le monde ne peut pas – manque de logistique, de connaissance, d’accès … – avoir accès à ces productions raisonnées.
      Et oui, je pense que le bio est un critère sanitaire malgré tout, on ne peut nier que le bio en France est allégé en utilisation de pesticides … même s’il est loin d’être parfait et idéal.
      Je rêve d’une France et d’une Europe productrices de bons produits, d’agriculteurs qui peuvent vivre de leurs exploitations et d’une nature préservée. Tout comme notre santé.
      Mais tant que la productivité sera privilégiée à la qualité, nous serons loin du compte.

  • Répondre Clairement Discrète sur

    J’ai beaucoup aimé lire ton article.
    Je suis en perpétuelle guerre contre moi-même entre aller au marché puis chez le petit producteur puis à la biocoop pour le reste, ou tout simplement tout faire chez auchan…
    Je pense que le plus important c’est d’en avoir conscience, d’en parler autour de soi, et de faire de son mieux. Et tant pis si 1 ou 2 fois par mois tu vas au supermarché mais que le reste du temps tu fais attention à acheter responsable 🙂

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Merci de ton commentaire 😉 Et tu as raison, avoir conscience de nos achats est la première étape vers une consommation plus raisonnée

  • Répondre Vic sur

    Merci pour ton article! Je me coucherai moins bête, ça fait plaisir!

  • Répondre Lucie sur

    Merci Olivia je me suis régalée à te lire. C”est un débat que j’adore avoir avec une copine qui bosse à l’INRA et qui a une position très nette et une exigeance dans ses achats bien loin de moi. Pour ma part, je préfère acheter local, tant du point de vue économique (pour mon porte monnaie et pour soutenir les agriculteurs) qu’écologique. Je me fournis pour tout le frais dans des magasins de producteurs en vente directe et pendant mes repos je vais me balader dans leurs exploitations pour voir comment est produit ce que je mange. Cela ne m’empêche pas d’aller aussi dans la grande distri pour le reste, au rayon bio et aux produits écolos… en faisant en détour par les rayon cochonneries 😉 Parce que la vie est faite de contradictions et de compromis !

  • Répondre Céline sur

    Ce débat, je l’ai eu il y a plus de 15 ans pour un dossier intitulé du Bon, du beau, du bio… Je m’en rappelle parfaitement car les agriculteurs qui travaillaient en biodynamie et avec éthique se rebellaient face à ceux qui surfaient sur la vague, en utilisant quand même les plastiques de protection et tout un tas d’autres choses car ils ne comprenaient pas la démarche mais voulaient juste gagner mieux leur vie. Et il ne s’agissait pas de multinationales. Alors je partage la vision de la Fille de l’encre car je me reconnais parfaitement. Avec deux filles végétariennes et la prise de tête pour leur proposer une alimentation équilibrée, cela m’arrange bien parfois d’avoir une alternative en hiver quand mes petits producteurs bio -qui nous régalent en été- ne sont même plus sur le marché et que je ne trouve plus que des oignons, du chou et des cucurbitacées…. de pouvoir taper dans l’offre de la grande distri même si c’est très très loin de mon idéal. Car c’est super compliqué de tout acheter bio ou au moins éthique -parfois je privilégie des petits producteurs non bio mais qui vendent les produits de mon terroir en circuits courts plutôt que de la bio de l’autre bout du monde avec en prime une facture carbone explosive. Merci pour ce billet et pour ce blog…

  • Répondre Aude B. sur

    Je pense que la plus important est la provenance du produit. Le cahier des charges en France est je crois savoir l’un des plus stricts. Donc j’évite pour ma part les produits bio originaires d’Espagne ou autres. Pour ce qui est du fait que les produits en supermarché soient issus de filière industrielle, je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. C’est plutôt positif de voir que les industries agroalimentaires s’intéressent à la filière bio. cela veut dire que le marché existe et qu’il tend à se développer. Les derniers chiffres de l’Agence Bio le montrent bien. Après, reste à savoir si les producteurs qui fournissent ces industriels sont rémunérés de manière juste pour le fruit de leur travail… Mais ça c’est un autre débat qui dépasse le seul cas de l’agriculture bio.

  • Répondre Marine sur

    Bonjour,
    Je suis pour ma part hallucinée par les rayons légumes des supermarchés bio. En effet, même en saison, dans des chaînes comme Bio C Bon, on retrouve des courgettes produites en Italie ou que sais-je d’autre. Le bio, pour certaines choses oui, mais pour les légumes, je préfère aller au marché, regarder les étals, prendre celui où les fruits et légumes sont TOUS de saison, et n’ont pas TOUS la même gueule, pour avoir davantage confiance. Ils ne sont pas bio, mais souvent résultent d’une agriculture locale et raisonnée, et mon choix se porte là dessus. Et sont moins chers, ouf ! Et je suis d’accord, les supermarchés classiques tendent à démocratiser le bio mais à quel prix ? Si c’est pour donner des produits de piètre qualité qui sont bio et donc plus chers, très peu pour moi. Si c’est pour priver les Boliviens de quinoa parce que nous, petits bobos, voulons en manger car c’est à la mode, très peu pour moi. Alors le bio oui, mais pourvu qu’il soit résultant d’une vraie réflexion et d’une vraie démarche, et non pas d’un effet de mode ! Mais merci Olivia, tes articles font toujours réfléchir !

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Je fais ce que je peux … autant pour vous proposer des billets pas trop cons, autant pour mes achats de produits alimentaires 😉

  • Répondre Les Petits Bavardages de Magalie sur

    Je fais quelques achats BIO mais pas l’essentiel de mes courses, ça permet de faire quelques découvertes sympas en plus 🙂

  • Répondre Karine sur

    Merci d’ouvrir la discussion Olivia. Je partage moi aussi mes achats de bio entre grandes surfaces et magasins bio. Mais même dans ces derniers, il faut faire la part des choses ! Je dirais que j’essaie dans la mesure du possible de privilégier les producteurs français, et de proximité mais ils sont rares. J’ai le réflexe de lire les étiquettes aussi. Je privilégie un producteur local de légumes conventionnels à des légumes bio d’Espagne… Le récent reportage de Thalassa sur le saumon bio d’élevage montre aussi que certains cahiers des charges bio conduisent à des situations absurdes. Bref, c’est du boulot de bien manger !

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      c’est tout à fait ça ! avant, la consommation était plus simple : produits locaux et de saison. Il n’y avait que ça d’ailleurs. Le trop grand choix de notre société – mais que nous entretenons par nos exigences – produit des situations absurdes où nous devons passer des heures à décrypter des étiquettes pour être certains – ou presque – de ce que nous mettons dans nos assiettes.

  • Répondre Stéphanie - Il Etait Une Fois... Cocotte sur

    Je suis un peu pareille que toi, j’essaye d’aller en magasin bio mais le manque de temps et la flemme après le boulot fait que je passe par la case Auchan, au rayon bio certes, mais Auchan quoi… J’essaye de trouver un juste équilibre. Dans les environs il n’y a pas beaucoup de magasins bio, à part un petit Biocoop , un Naturalia hors de prix et un Naturéo à 30km… Mon copain n’est pas dans la même optique que moi alors parfois ça complique les choses.

    Bisous

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      ah oui, la vie en communauté ne facilite pas les choses quand chacun n’a pas les mêmes exigences alimentaires !!

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