femme au foyer

Le vendredi soir, j’attends son retour

Ce billet a été écrit vendredi. C’est important de le savoir, le vendredi est pour moi et pendant quelques mois, une journée particulière. Pas celle du poisson mais celle marquée par le retour de l’homme à la maison.

Celles qui connaissent un peu ma vie – que je raconte en long, en large et en travers sur ce blog et les réseaux sociaux, je n’ai aucune pudeur – savent que mon compagnon travaille actuellement à Marseille et quitte la maison le lundi matin tôt pour revenir le vendredi soir tard.

Nous sommes un couple hyper indépendant – pas à ce point-là, je vous rassure, petites coquines – mais le manque se fait sentir tout de même, les lundi sont tristounes et les vendredis merveilleux.
Et je vous avoue que dès qu’il franchit la porte le vendredi soir, je suis ébahie et semaine après semaine, je le trouve encore un peu plus beau, ça m’épate 🙂
Comme quoi la distance, plus que l’amour lui-même, rend un peu idiote. 

En parlant d’idiotie, moi la femme autonome, féministe, qui revendique haut et fort l’égalité de traitement entre les  hommes et les femmes, je deviens le vendredi, une caricature de la femme au foyer.

Voici mon programme du vendredi :

  • je fais les lessives oubliées la semaine
  • je range la maison, aspire, nettoie
  • je fais les courses
  • Je prépare un bon repas pour le soir, un truc qu’il aime vraiment
  • Et même parfois, je lui prépare un dessert. Aujourd’hui même, je lui ai préparé une tarte aux pommes, il en raffole.

Et comme je travaille à la maison, c’est tout de suite plus pratique de faire toutes ces tâches le vendredi, plutôt que d’attendre le samedi.

Le pire, c’est que ça me fait plaisir. Enfin plutôt j’imagine que ça va lui faire plaisir, nuance. Je sais que les semaines pour lui sont longues, il bosse comme une brute, n’est pas chez lui, mange à l’arrache … j’ai envie qu’il soit bien ce soir-là et content de rentrer.

On est d’accord, les corvées ménages, lessives et courses, je m’en passerais bien mais l’idée de lui servir un bon repas et sa tarte aux pommes préférée me mets en joie. AU SECOURS, SORTEZ MOI DE LA !!!

Mais pourquoi donc son absence et son retour me transforment à ce point là ? Suis-je en train de devenir la femme qui se tape toutes les corvées et qui attend que son homme mette les pieds sous la table ? Vous croyez ?

Aurais-je peur qu’il ne rentre plus, un jour comme ça, sur un coup de tête ? Et qu’il décide que finalement c’est mieux sans moi ?

Ce qui est dingue, c’est que le syndrome la petite maison dans la prairie qui s’empare de mon cerveau le vendredi, imagine que son bien-être passe par une maison rangée et par un repas agréable. Alors que de retrouver son fils et sa compagne, autour d’une pizza, dans une maison en bordel, ça devrait suffire non ?

Mais j’imagine sans mal que moi aussi si j’étais loin, je serais heureuse de rentrer et de retrouver mes affaires à leur place, sans avoir à subir le désordre ambiant. Et sans devoir me taper des pizzas ou des MacDo tous les vendredis soirs.

Et vient la question inévitable ? Est-ce-que lui ferait tout ça ? pour moi ?
Arghhh … j’en suis pas sûre … Et pourtant mon homme n’est pas sexiste pour un sou … mais aurait-il le réflexe et cette envie de remettre la maison à plat avant mon retour ?
Je pense que je vais éviter la question ce soir, faudrait pas se fâcher avant même qu’il ait franchi le pas de la porte 🙂

Je vous rassure, les symptômes de la femme qui attend son homme s’arrêtent bien là et il ne nous faut pas 30 minutes pour reprendre nos disputes là où nous les avions laissé le dimanche soir. Et que je lui reproche de mettre le bazar dans la maison. BORDAYL la maison est rangée !!

Ouf, je suis sauvée.

PS : je n’ai absolument rien contre les femmes au foyer et si caricature il y a, elle est uniquement justifiée par les besoins narratifs.
Chacun vit comme il veut.

Edit – Je vous le confirme, je ne serai jamais la femme idéale : finalement mon poulet n’était pas cuit, on a fini devant un Macdo pas bon et c’est lui qui a passé l’aspirateur, je n’avais pas eu le temps de le faire ! Bloguer ou aspirer, j’ai choisi 🙂

 

 

 

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