La radinerie, meilleure amie de l’écologie ?

Si certaines font l’éloge de la simplicité, ce n’est pas mon cas du tout. En grande désorganisée que je suis, organiser une simplification de ma vie est un concept que je ne peux entendre.
Désorganisée et pourtant en manque total de spontanéité, je panique très rapidement lorsque mon planning n’est pas millimétré et je suis assez peu adepte des surprises de dernières minutes. J’aime bien savoir ce que je vais faire de mon temps libre. C’est comme ça, chacune ses défauts. Et s’il en est un que je n’ai pas, c’est bien celui-ci :

La radinerie, un vilain défaut

Désorganisée oui, radine non. C’est même l’un des traits de caractère que je déteste au plus haut point.
Mais pourtant, là encore, je ne suis pas à une contradiction près tant la question financière a guidé certains de mes choix ces dernières années.

  • J’ai arrêté de fumer la veille d’une augmentation du prix du tabac en 2012 ou 2013, j’sais plus. Je trouvais que le plaisir que je ressentais en fumant n’était plus du tout à la hauteur du prix de mon paquet de Malboro Light
  • J’ai changé de fournisseur de gaz de ville car j’en avais marre de payer plus cher chez EDF pour un service identique à un tarif bien inférieur chez un autre fournisseur.
    Prochaine étape : l’électricité.
  • Les tiroirs de ma salle de bain se sont considérablement allégés depuis que je suis passée à des cosmétiques essentiellement bio et naturels.
    Dans le cas de ma salle de bain, ce sont des considérations écologiques qui ont guidé mes pas mais je pense que radinerie et écologie vont très bien ensemble.

La radinerie au service de l’écologie

On pense tous que le bio coûte cher. Et c’est vrai que les produits biologiques (alimentaires ou cosmétiques) affichent souvent quelques euros de plus que des produits « traditionnels » (traditionnel étant ici employé au sens des produits que l’on trouve dans le circuit commercial classique … bref, vous avez compris).
Et pourtant, ce n’est pas forcément le cas.

En effet, lorsque l’on passe à une consommation bio, petit à petit, on s’aperçoit que c’est toute une façon de consommer qui se modifie petit à petit.
Du remplacement stricto sensu des produits traditionnels par des produits biologiques, on passe à une réflexion globale sur sa consommation. Et sans que cela soit forcément prémédité ou réfléchi en amont … cela se fait par petites étapes, par petits pas … J’ai d’ailleurs ressorti pour ce billet, un post que j’avais écris en janvier 2016 sur ma consommation plus green et je vois vraiment des changements flagrants … en ce moment, je fais même mes yaourts moi-même avec une vieille yaourtière vintage Seb dénichée en vide-grenier, c’est vous dire où ça mène …

Après quelques mois à me pencher très sérieusement sur mon mode de consommation, il me semble à présent complètement aberrant – pour moi hein, chacun fait bien ce qu’il veut – d’utiliser une crème cosmétique  dont le premier ingrédient dans la liste INCI est de l’eau – au mieux – ou un composé dérivé du pétrole – au pire – alors qu’une huile végétale contient 100% de l’actif naturel de la plante.

Avec un produit estampillé bio, je paie en échange d’un actif hautement dosé et non pas pour des produits ajoutés pour remplir le tube et qui n’apporte rien à ma peau.
Bien évidemment, des produits cosmétiques bios tout pourris, ça existe aussi.J’ai connu ça avec les shampoings bios.

Disons seulement que s’ils ne remplissent pas leur mission santé/beauté, ils ne me feront pas de mal. C’est déjà ça.

La semaine dernière, j’écoutais une émission de radio sur les enjeux de l’écologie.

Y officiait un Monsieur dont j’ignore le nom mais dont les propos sur l’écologie faisaient échos en moi de façon troublante. Autrement dit, j’étais d’accord à 100% avec ce qu’il disait.

Son constat portait sur le discours de l’écologie et de l’environnement qui a été très longtemps culpabilisant pour les citoyens et consommateurs. Et on le sait bien, la culpabilité est le pire des moteurs.
On constate aujourd’hui les limites de ces discours moralisateurs : si nos habitudes quotidiennes tendent à changer vers plus de prise en compte de notre environnement, il reste encore beaucoup de chemin à faire …

Ce Monsieur expliquait donc que lorsque l’on aurait réussi à parler de l’environnement et de l’écologie sur un mode positif, en annonçant les bénéfices directs que les consommateurs/citoyens pouvaient tirer de leurs changements de comportement, alors, tout était possible.

Et c’est d’une logique imparable. Il est bien plus efficace d’expliquer aux propriétaires de chiens à quel point il est plus sympa de marcher dans des rues propres, plutôt que de les menacer d’amendes qui ne sont jamais distribuées d’ailleurs … comme pour les gosses, la menace est souvent bien peu productive même si on peine à s’en passer pour se faire entendre !

Expliquer le bénéfice de l’écologie

Je suis persuadée qu’une des façons d’aborder l’écologie pour que chacun puisse s’approprier de meilleurs gestes pour notre environnement, est celle qui porte sur notre portefeuille.

Ne pensez pas encore que je sois obnubilée par l’argent, mais je suis pragmatique.

Ne dit-on pas que c’est l’argent et le sexe qui guident le monde ?
Laissons la question du sexe, a priori faire l’amour a peu d’incidence sur l’état de notre planète, même dans l’herbe fraîche.

Gardons la question de l’argent.
« Beurk !! me diront certains, pourquoi tout ramener à l’argent ??
Le sort de notre planète est un débat qui va bien au-delà de nos intérêts personnels et de nos petits nombrils »

A ceux-là, je répondrais que le discours romantico-pastel de l’écologie est aussi inutile que le discours culpabilisant des politiques qui cherchent des boucs-émissaires là où ils ne sont pas. Mais bon faudrait voir à pas trop se fâcher avec les laboratoires et les industriels …

Si on évoque avec tout un chacun la déforestation, de dérèglements climatiques, l’état de l’eau dans certaines rivières, la pollution … nous sommes tous d’accord – ou presque – pour reconnaître que « mon dieu, mais où va-t-on ?? »
Sauf que bien souvent, ça s’arrête là.

Alors que si on dit à tout un chacun : « en mettant ça en place, tu vas économiser 50 € par là et pour ça, tu vas en tirer 75 € de bénéfice … » tout de suite, ça donne envie de s’y mettre non ?

Bien évidemment, ce discours là n’est pas le seul à mettre en place pour plus d’efficacité dans la prise en compte de notre futur écologiquement parlant mais ça vaut le coup d’essayer non ?

Alors voilà, une fois n’est pas coutume, j’aimerais que nous soyons tous un peu plus radins.

Ceci me donne l’idée d’ailleurs de billets pratico-pratiques sur la façon de consommer autrement et les bénéfices directs (en terme d’argent/de bien-être/de santé) que l’on peut en tirer, qu’en pensez-vous ??

J’attends vos avis 🙂

14 thoughts on “La radinerie, meilleure amie de l’écologie ?

  • Reply Sabrina de Ca se Saurait samedi 3 septembre 2016 at 12 h 13 min

    Tellement d’accord ! D’ailleurs j’avais appelé mon premier blog BioPasCher pour montrer qu’on pouvait être en gros en mode « radin malin » même en bio et finalement, tu as tout à fait raison, l’écologie c’est un esprit qu’on découvre totalement décroissant. On se débarrasse d’un premier truc,puis d’un second inutile, on se rend compte qu’on avait 10 000 bouteilles de shampoings tous aussi inefficaces les uns que les autres (d’où achat de l’un qui chasse l’autre) et on découvre le naturel… UN produit efficace et on en change plus ! Perso moi c’est shampoing sans sulfate (ou poudres végétales/minérales), bicarbonate de soude en déo et produit multitâches comme les HE etHV et puis voilà, finalement on radine en écologisant et c’est tant mieux 😉

    Bises.

  • Reply Laury - WeWashTrash vendredi 2 septembre 2016 at 19 h 33 min

    Je suis tellement d’accord avec toi ! On fait de plus en plus attention à nos achats avec mon chéri, dans la logique de consommer mieux, plus durable et surtout plus sain. Avec notre récente installation à Montréal, on essaie de « repartir à 0 », en prenant de nouvelles habitudes : produits en vrac, achats dans des cooperatives… Finalement on se rend vite compte qu’en supprimant le surplus et en choisissant les bons produits, on accumule moins et même si les produits coûtent quelques euros de plus, la suppression de nombreux produits équivaut finalement à un panier similaire voire moins cher ! C’est en tout cas notre constatation ! Sinon je suis vraiment d’accord sur le côté economie qui est essentiel pour accompagner l’écologie. C’est d’ailleurs ce qu’explique pas mal Maud Fontenoy dans ses livres, et qui a tendance à énerver les écolos…

    En tout cas très bon article comme toujours 🙂

    Des bises de Montréal,
    Laury

    • Reply La Fille de l'Encre lundi 5 septembre 2016 at 13 h 26 min

      J’irai faire un tour dans les écrits de Maud Fontenoy alors 🙂
      Bonne installation en terres lointaines !!

  • Reply ApollineR vendredi 2 septembre 2016 at 19 h 16 min

    Je ne sais pas si tu as vu Demain le film, mais c’est exactement l’idée : parler d’écologie en montrant des initiatives qui fonctionnent.
    J’aime beaucoup l’idée d’articles pratico-pratiques parce que le 1er obstacle pour prendre de nouvelles habitudes, c’est qu’on ne sait parfois pas comment faire.
    Et je plussoie qu’économies et écologie font très bon ménage.

    • Reply La Fille de l'Encre lundi 5 septembre 2016 at 13 h 27 min

      Je n’arrive pas à trouver le temps pour voir ce film, il faut que je me bloque une soirée !
      Et je vais tenter des billets pratiques mais cette quête du mieux vivre n’est pas forcément évidente à retranscrire …

  • Reply Orlando Margherita vendredi 2 septembre 2016 at 12 h 15 min

    Mon père dit toujours :  » Avoir un comportement écologique (ou éco-responsable) signifie NE PAS consommer ma chère! »
    Certes, il a 70 ans, il vit à la campagne, avec un jardin potager, il se lave les cheveux avec du savon, il ne change jamais sa brosse à dents (quelle horreur! D’ailleurs, il utilise du bicarbonate et pas de dentifrice), il ne prend la voiture qu’une fois par mois.
    Mais : avons nous vraiment besoin de ce pot de yaourt, du lait ne nous suffit pas? Recouvrir une assiette avec une autre assiette n’est pas mieux que d’utiliser du film fraicheur?
    Parfois, j’ai besoin de relire Walden ou La vie dans le bois de Thoreau pour me dire : « Il possédait rien, mais il avait tout! » 😉

    • Reply La Fille de l'Encre lundi 5 septembre 2016 at 13 h 28 min

      Walden ? connais pas … je vais me pencher là-dessus.
      Et bravo à ton papa pour sa simplicité, il a tout compris 🙂

  • Reply La Polygraphe vendredi 2 septembre 2016 at 10 h 35 min

    Quand on pense que le vinaigre blanc et le bicarbonate ne coûtent quasiment rien et remplacent la plupart des produits ménagers, en effet, il y a de quoi être radin ! C’est comme ça d’ailleurs que je convertis mon mec au bio, ou au naturel. Avec l’argent : mon chéri, les couches lavables, c’est pus économique. Mon chéri, regarde le prix de cette bouteille de vinaigre. Ça ne marche pas toujours, mais petit à petit on va vers une vie meilleure, moi avec mes convictions romantico-pastels, lui avec l’attrait que ça a pour son porte-feuille (bon, il un peu aussi romantico-pastel, et j’aime aussi économiser, mais c’est l’idée).
    Marine

    • Reply La Fille de l'Encre lundi 5 septembre 2016 at 13 h 29 min

      Le romantico-pastel et les considérations économiques font bon ménage je vois 🙂

  • Reply matchingpoints vendredi 2 septembre 2016 at 9 h 12 min

    Radinerie et pauvreté…
    Après la guerre, il y avait sûrement moins de gaspillage dans l’alimentation, les produits n’étaient pas conditionnés et encore moins individuellement, les poubelles ne débordaient pas. Nous ne voulons pas retourner à cette époque, mais prendre l’exemple.
    Mais en même temps, nous avons une piscine, donc nous sommes terriblement mal placées…

    • Reply La Fille de l'Encre lundi 5 septembre 2016 at 13 h 30 min

      Nous avons tous nos incohérences. Il ne s’agit pas d’être parfaits mais de faire quelque chose.
      J’ai une vraie croyance dans la théorie des petits pas …

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