pracatinat hôtel Italie

Pràcatinat hôtel : une nuit de frisson en Italie

Vous recherchez un hôtel pas comme les autres dans le nord de l’Italie, dans le Piémont ?
Je vous présente le Pràcatinat !

Sur la route entre Turin et Avignon, nous décidons de nous arrêter en chemin pour profiter du parc naturel Orsiera-Rocciavré dans les montagnes du Piémont. Nous avons envie de souffler un peu après plusieurs jours dans la grande ville à arpenter ses belles artères et ses musées.

Pracàtinat hôtel à proximité du Fort de Fenestrelle

Nous connaissions un peu le coin et n’avions pas envie de loger dans les stations de ski environnantes, Sestrières, Pragelato ou Oulx. En fouillant un peu sur Booking, je trouve un établissement qui propose en cette fin août des tarifs vraiment intéressants avec petits-déjeuners compris.

L’architecture extérieure de l’hôtel attire immédiatement mon attention : il s’agit d’un immense bâtiment style art nouveau, perdu dans la forêt, assez isolé … Il me semble idéal pour une nuit et quelques heures dans la montagne. Et il est situé près du fort de Fenestrelle que nous avions visité il y a quelques années lors d’un séjour à Montgenèvre et qui nous avait laissé une forte impression.

fort de fenestrelle

Je réserve directement sur le site de l’hôtel en quelques minutes sans trop donner d’informations à mes hommes, ils verront sur place.

Pràcatinat hôtel, un passé lugubre …

Curieuse de l’architecture de cet hôtel, je fais quelques recherches pendant que mon amoureux conduit et j’apprends que ce sont en fait deux bâtiments art nouveau qui ont été construit en 1929 par la famille Agnelli – famille très importante d’Italie dont le patriarche a fondé Fiat, a la tête d’un empire industriel et propriétaire du club de foot de la Juventus de Turin.

Si la famille Agnelli a fait construire ces bâtiments, ce fut, non pour en faire des lieux de réception et de plaisir mais pour y implanter des sanatoriums pour le traitement de la tuberculose !
Les deux bâtiments sont absolument identiques, l’un accueillait les petits garçons, l’autre les petites filles.

Dans les années 80, les établissements ont changé de destination, devenant un centre aéré. Tous les gamins de Turin et des environs se souviennent avoir vécu quelques jours dans ce centre de loisirs.

L’activité centre de loisirs fut abandonnée – je n’ai pas réussi à retrouver la date de cette fin d’exploitation – et les bâtiments restèrent vides quelques années avant d’être repris pour une transformation en hôtel.

Enfin, plus précisément, un seul bâtiment fut rénové et le second reste encore aujourd’hui dans son jus des années 90. J’ai pu faire une mini-séance d’urbex à proximité, j’entendais presque encore le rire – ou le cri ? – des enfants …

… et une atmosphère étrange

C’est en fin de journée que nous arrivons sur place, à plus de 1700 mètres d’altitude. Pas de doute, c’est la montagne et nous sommes isolés, le dernier hameau croisé doit se trouver à 4 kilomètres.
Le ciel est gris, le brouillard est intense, les arbres immenses et les sommets impressionnants.
Le lieu est éloigné et nous nous rendons vite compte que nous sommes les seuls clients.

pracatinat hôtel

Le bâtiment est imposant. Et reconnaissons-le, hyper flippant. L’environnement est magnifique mais il se dégage du lieu une ambiance très mystérieuse, brumeuse. Nous adorons immédiatement.
Évidemment, nous jouons à nous faire peur, ce n’est pas tous les jours que nous nous retrouvons dans le Grand Budapest Hôtel !

Nous prenons possession de nos clés, le rez-de-chaussée de l’hôtel, entièrement rénové toujours dans les style des années 30 est très beau, très chic, des fauteuils en velours viennent compléter la décoration, nous nous sentons bien.
Nous prenons ensuite le grand ascenseur pour monter dans les étages et trouver notre chambre…

La porte de l’ascenseur s’ouvre … Un pas en avant … Nous tournons la tête à gauche, la tête à droite et ce sont des très longs couloirs qui s’ouvrent devant nous. Les allées sont peintes en orange vif, ça pique les yeux.
Immédiatement, nous remontons le temps et imaginons sans peine les gamins venus passés leur vacances ici courir dans les couloirs en riant. Le contraste entre l’élégance du rez-de-chaussée et la rusticité des couloirs est étonnant.

Nous trouvons facilement la porte de notre chambre dans cette immense travée colorée, toujours seuls au monde il nous semble. La chambre est grande, dotée d’une belle terrasse et là encore, il nous faut un moment pour habituer nos yeux à la décoration toute faite de pin. L’ambiance colonie de vacances en montagne tranche clairement avec l’architecture du bâtiment.
Nous n’en prenons pas ombrage, ça nous amuse. Tout ici nous fait sourire.
Et nous intrigue un peu aussi …

Le petit Shining italien

Avant le diner, nous décidons d’explorer l’hôtel et ses dédales. Ce sont des escaliers sombres que nous prenons et qui nous mènent vers les sous-sols … Toujours de très longs couloirs, les murs sont carrelés, les portes fermées à clef, la machinerie fait un bruit sourd et entêtant …
Il n’en faut pas plus pour nous imaginer dans Shining !

Depuis notre arrivée, nous ne croisons personne hormis le personnel de l’accueil et lorsque nous nous installons dans l’immense salle de restauration, nous sommes deux tables à peine.
Le repas se passe dans le calme d’une salle vide, nous dinons de spécialités locales, le repas est agréable.

Pour digérer les gnocchis et aussi, avouons-le, pour ne pas rentrer dans notre chambre aussitôt, nous partons faire une balade digestive. Dehors, il fait nuit et le brouillard qui nous a accueilli un peu plus tôt dans la journée s’est maintenu, épais et dense.

Nous prenons les passerelles en fer extérieures de l’hôtel, celles qui longent les sous-sols sombres dont les portes sont restées fermées malgré notre curiosité. Elles grincent, elles craquent sous notre poids et en riant, nous nous dirigeons de l’autre côté de la route, vers le bâtiment vide et abandonné.

Les garçons s’amusent à m’effrayer, s’éloignent dans le brouillard vers l’ancien héliport où entre deux plaques de béton défoncées, la nature reprend ses droits. Mon imagination fertile est toujours à l’œuvre, je vois les contours des enfants derrière les fenêtres. Malades et cloitrés dans leur chambre, ils nous observent en silence.

Le froid commence à se tomber, nous rentrons pour nous installer dans les fauteuils confortables près du bar. Nous sortons notre jeu de carte, commandons deux limoncellos et nous nous lançons dans une partie de carte. Toujours seuls ou presque dans l’hôtel, nous commençons à être habitués et devisons sur notre nuit où nous serons immanquablement enlevés et séquestrés par le personnel, avide de sang et de chair fraiche …

Plus tard dans la soirée, la porte de l’hôtel s’ouvre sur une trentaine de jeunes gens, immenses, en tenue de sport. Ils parlent fort, s’installent au restaurant, leur jeunesse nous rassure – ouf, nous ne resterons pas seuls cette nuit – mais nous déçoit un peu également, le scénario de notre film d’épouvante nous plaisait bien finalement.

Nous apprenons le lendemain que l’hôtel accueille très régulièrement des sportifs, venus ici reprendre le rythme avant la rentrée. Nous sommes en montagne, le lieu est parfait pour une remise en forme.

Petite séance d’Urbex

Le lendemain, après le petit-déjeuner, je suis partie me balader discrètement du côté du bâtiment vide pour une petite séance d’urbex. Je suis fascinée par cette discipline et j’adorerais en faire régulièrement mais je suis une grande flipette et suis incapable de me rendre seule dans des locaux désaffectés !

Pour la petite histoire, il y a quelques années, nous cherchions une grande maison avec des amis pour un achat commun. Nous avons franchi le grillage d'un ancien centre de soin totalement à l'abandon dans le Gard. Le lieu était réellement flippant avec de vieux sièges de dentistes, des lits de camps crasseux, des escaliers qui s'effondrent, des bureaux encore occupés de vieux dossiers ... Tout était réuni pour un reportage urbex incroyable. Malheureusement, mes photos ont été perdues à cause d'une mauvaise manipulation :/
Je m'en veux encore.

Le parc naturel Orsiera-Rocciavré

Le but de notre arrêt ici était de prendre un grand bol d’air frais et nous avons adoré marcher dans ce parc naturel aux paysages fabuleux.
Les chemins de randonnée y sont très nombreux, ceux que nous avons emprunté étaient très accessibles et menaient à de beaux villages de montagne avec vue sur la forteresse de Fenestrelle, que l’on peut rejoindre à pied. Fin août, c’était très calme, nous avons croisé peu de monde sur les sentiers. Les mûres sauvages n’étaient que pour nous.

Par ailleurs, nous avons été frappés par la quantité d’animaux vus en quelques heures : des biches et des chevreuils dont certains très près de nous. Peu farouches, ils nous regardaient avec curiosité, c’était magique ! Jamais nous n’avions croisé autant d’animaux sauvages dans un parc naturel.


Vous l’avez compris, cette nuit au Pràcatinat et dans ce magnifique parc naturel furent riches en souvenir. Je n’ai rien inventé ni sur l’histoire de l’hôtel, ni sur sa décoration et ses installations. J’ai uniquement forcé le trait pour les besoins narratifs et m’amuser un peu avec cette jolie soirée en famille.
Nous avons adoré le lieu, isolé en pleine forêt à l’ambiance mystérieuse si tant est que vous êtes comme nous, capable de vous laisser porter par votre imagination 🙂
Nous adorerions revenir en plein hiver, nous avons vu des photos de cerfs sous la neige, se baladant carrément sous les fenêtres de l’hôtel !
Si votre imagination vous porte moins loin que la nôtre, vous apprécierez ce bain de verdure et de calme que vous offre le parc d’Orsiera-Rocciavré, ses sentiers de randonnée, la possibilité de visiter le fort de Fenestrelle et la proximité avec les stations italiennes du Piémont. Et les prix de l’hôtel sont vraiment très doux.
L’établissement est fréquenté essentiellement par des randonneurs et des sportifs. Vous êtes assurés de bien y dormir le soir venu.

Si les fantômes vous laissent tranquilles…


Plus d'infos sur le Pràcatinat Hôtel - Restaurant : https://www.pracatinathotel.it/

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