Écrire : des mots communs, des intentions différentes

Écrivain : personne qui compose des ouvrages littéraires
Auteur : personne qui compose des ouvrages littéraires
Littéraire : qui a rapport à la littérature
Littérature : activité, métier de l’écrivain, de l’homme de lettres
Rédacteur : professionnel qui rédige des textes spécialisés ou des articles
Copywriter : rédacteur de textes à des fins de marketing et de publicité

Je pourrais rajouter le journaliste de presse écrite, l’avocat, le traducteur, le concepteur rédacteur … Il existe 1001 façons d’écrire et cela m’intrigue assez.

La plupart des mots que nous utilisons sont finalement communs à tous. La grande majorité des mots composent une énorme bulle commune dans laquelle nous venons piocher pour nous faire comprendre à l’écrit ou à l’oral.
A côté de cette bulle commune, quelques sphères distinctes comprenant des vocabulaires auxquels parfois nous n’avons pas accès du fait de notre âge, de notre éducation, de notre culture, de notre pudeur :

  • une petite bulle littéraire avec des “nonobstant”, “circonvolution”, “éclipse”, “tintinnabuler” et autres jolis mots soutenus
  • une petite bulle de jargons différente selon les professions
  • une petite bulle de mots que je dirais “du moment”, souvent utilisés par les plus jeunes, nos ados : “c’est stylé”, “seum”, “carré” …
  • une petit bulle d’anglicisme : coworking, dead-line …

Autrement dit, nous utilisons tous les mêmes mots ou presque.
Ce qui va changer en revanche, ça va être l’agencement, la structure des phrases, le rythme, la ponctuation, l’intention posée sur son écriture et le support utilisé.
Clairement, on n’écrit pas de la même façon pour un article de presse quotidien, un article de blog ou un polar.

Les mêmes mots qui pourtant produisent des textes totalement différents !

Les mots sont fascinants. N’est-ce-pas étonnant qu’un seul et unique mot de quelques lettres à peine puisse comporter plusieurs sens ?

J’ai toujours eu le goût des mots. Davantage je crois encore ces dernières années où je rédige essentiellement pour le web. Très sincèrement, les contraintes du net ont façonné mes phrases, mon style, plus concis, direct, précis et cela me va bien, j’aime aller droit au but.
Pour autant, l’écriture au long court m’attire après ces années de courses de vitesse. Prendre le temps de poser ses intentions, de présenter les situations, de régresser, revenir en arrière … Comme une sorte de slow-écriture dont la rédaction web me prive. J’en rêve mais ça ne vient pas.
Je vous ai déjà parlé de ce livre que je rêve d’écrire… les 10 lignes ne sont toujours pas dépassées. Mais c’est une autre histoire.

Ici, il est question des mots, d’écriture, de ceux et celles qui écrivent.

Et si finalement il n’y avait aucune différence entre tous les profils cités en début d’article ?

Et si l’individu qui écrit, que ce soit un article de 500 mots sur le net ou un roman de 500 pages papier n’était-il qu’un auteur ? Le “qu” n’étant absolument pas péjoratif bien entendu. Uniquement une façon de réunir en un seul mot l’acte de celui qui écrit …
Mais pourquoi vouloir réduire sous un seul mot alors que la langue française nous offre tant de possibilités ?
On en revient à l’intention et surtout à ce qui se cache derrière les mots. Parce que oui :

Un auteur c’est chic mais un rédacteur, c’est cheap !

Même si le second gagnera certainement mieux sa vie que le premier, dans l’esprit commun, un auteur méritera l’attention alors que le rédacteur ne sera qu’un gratte-papier du web.

Les mots me fascinent et m’interrogent …

Vous le savez, depuis le début de ce blog, j’ai pris l’habitude de partager avec vous les questions qui me trottent en tête. Je lance la première pierre ici mais la suite se fera sur Instagram, en lives réguliers.
Je lance en effet une série de lives intitulée “Ecrire” dans laquelle seront invités femmes et hommes qui écrivent au quotidien.

J’espère bien réussir à percer le mystère des mots et de la création littéraire, quel que soit le support.

Et pour parfaire ma réflexion, je viens de m’inscrire à l’atelier d’écriture de Charlotte Moreau “Trouver les mots justes“. Nous sommes d’accord que je ne pouvais pas passer à côté. Et puis au vu de cet article qui part dans tous les sens, j’en ai bien besoin 🙂

2 commentaires sur “Écrire : des mots communs, des intentions différentes

  • Répondre Lucie sur

    Super idée ce cycle de live, je vais rester attentive car je suis curieuse d’écouter et de découvrir tes invité•es.
    Je crois qu’une grosse différence existe entre écrire sur commande (généralement le rédacteur) et écrire sans (à priori, mais pas toujours, l’auteur ou l’autrice). Je m’en suis bien rendue compte en écrivant l’Italie en train, qui était une idée à moi. Et encore dans mon travail de journaliste, c’est très différent de suivre une idée toute seule, de répondre à une commande, de travailler sur un sujet qu’on a vendu… À chaque cas de figure un rapport différent à l’écriture.

  • Répondre Alexandra sur

    “Un auteur c’est chic, un redacteur c’est cheap” je suis fan de ton expression 😄

    Ça me fait penser à “à chaque fois qu’un SIRET est créé, une bibliothèque s’écroule” du dernier article de Press Enter. Le rédacteur est vraiment incompris haha.

    À très vite sur Insta pour découvrir tes pensées sur l’écriture !

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