Pourquoi voyage-t-on encore avec Airbnb ?

Le #debatdumardi est relancé ! Cette fois-ci, c’est Lucie qui prend la parole et vous demande, droit dans les yeux, pourquoi continuer à voyager avec Airbnb ?

Le #debatdumardi : les dérives d’Airbnb

Comme je suis heureuse de relancer le #debatdumardi ! C’est une rubrique que j’aime toujours autant mais la prise de risque qui y est associée demande de l’énergie.
Vous savez comment sont les gens sur les réseaux sociaux, une étincelle et hop, c’est le blog qui prend feu 😉
C’est pourquoi je ne suis pas aussi régulière dans ces débats que je le souhaiterais et puis parfois, souvent même, je suis tellement énervée de tout que j’ai du mal à choisir les débats à lancer. Il est difficile de prioriser ses combats, ils sont nombreux à mener.

Cette fois-ci, je vous avoue, je me suis laissée portée. Par Lucie, du blog Occhio di Lucie, un blog que j’adore. Forcément.
#passionitalie #forever

Si vous visitez régulièrement le blog, peut-être connaissez-vous déjà Lucie.
Je l'avais interviewé il y a quelques mois : la vie d'une française à Venise.

Je crois que j’ai énervé Lucie cet été. Par le billet sponsorisé que j’ai rédigé pour Luckey, la conciergerie d’Airbnb.
Soyons claire, c’est un billet pour lequel j’ai été rémunérée. Je l’ai accepté car je suis moi-même utilisatrice d’Airbnb, que dans ma famille, certains ont recours à leur service pour mettre leur bien en location et que je pense que si j’étais propriétaire, je me rapprocherai d’eux également. Je choisis toujours mes billets sponsorisés en tenant compte de votre intérêt et il semble que je ne me sois pas trompée cette fois-ci encore, j’ai reçu pas mal de messages notamment sur FB, sur l’intérêt de cette conciergerie.

Seulement voilà, Airbnb, c’est pas super responsable comme boite. Souvent décriée dans les villes ultra-touristiques.
Cet article ne pouvait que toucher Lucie. La belle vit à Venise. Et subit de plein fouet les conséquences de ces locations saisonnières, qui n’en sont plus réellement dans les villes attractives.

Très mal placée pour parler du sujet et ne souhaitant pas m’aventurer sur un terrain je ne connais finalement pas, donner la parole à Lucie m’a semblé tout à fait légitime.
Vous allez voir que Lucie est comme moi, elle n’a pas la langue dans sa poche !

Avec franchise et sincérité, Lucie nous éclaire sur ce qu'elle vit au quotidien à Venise mais aussi nous incite à penser autrement nos voyages. Cliquez pour tweeter

PS: je suis intervenue parfois pour compléter la discussion, mes propos sont en bleu dans le texte.

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J’aime beaucoup l’ouverture d’Olivia aux divers débats qui agitent le monde du tourisme, toujours plus concerné par des questions éthiques. Je lui ai proposer de participer en m’attaquant à un acteur colossal du monde du tourisme : Airbnb.

Depuis trois ans, j’habite à Venise. Vivre dans une ville visitée par 30 millions de touristes par an donne à réfléchir. Il suffit de passer par le pont du Rialto de bon matin, de prendre un verre face au défilé des bateaux de croisière le weekend, ou, tout simplement, de se mettre à la recherche d’un appartement.

Sur ce dernier point, l’expérience est cruelle. Même avec un budget confortable, je ne trouve rien d’autre que des trous à rats humides au rez-de-chaussée, parfois sans fenêtres. Pourquoi ? C’est simple : tous les beaux apparts ou presque sont sur le marché touristique, et les locataires fixes se partagent les miettes.

Si je suis toujours en coloc à presque trente ans, c’est un peu de leur faute.

À qui ? Airbnb.

Airbnb, une sharing economy pour un monde meilleur ?

Quand Airbnb est arrivé en Europe, au début des années 2010, j’étais une jeune étudiante sans le sou. Ne pouvant pas me permettre de me payer l’hôtel, j’étais habituée aux séjours chez les amis et au couchsurfing, et ça m’allait très bien. Mais l’idée de gagner un peu en confort en séjournant chez l’habitant pour un prix moindre, forcément, j’ai trouvé ça super.

La sharing economy, en français économie collaborative, m’apparaissait comme un moyen formidable de permettre à tous de gagner un peu d’argent tout en rencontrant des voyageurs. J’ai ainsi commencé, en 2015, à voyager en Espagne où j’habitais alors, dormant dans diverses chambrettes chez l’habitant. Certaines ressemblaient à un internat, d’autres à de douillettes chambres d’hôtel. Certains hôtes étaient sympathiques et ouverts, d’autres pressés et peu communicatifs.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Airbnb m’apparaissait comme l’acteur sympathique du marché permettant de faciliter les échanges entre habitants et voyageurs. Une véritable économie participative et vertueuse.

Puis j’ai déménagé à Venise. Et là, j’ai changé d’avis.

La naissance des checkinistes

Arrivée à Venise, à ma nouvelle coloc, je demande :

– « Tu fais quoi dans la vie ?
– Checkiniste !
– Pardon ? C’est quoi ça ? »

Tout simplement, une personne qui prend en charge les touristes, les accueille dans leur logement (qu’ils occupent entièrement et non en partage avec l’habitant) et leur donne les consignes de base accompagnées d’éventuels conseils de restaus. Une authentique rencontre réalisée à la chaîne par un.e travailleur.euse précaire qui sillonne la ville faisant un à cinq check-in par jour, répétant les mêmes « bonnes adresses » à qui veut l’entendre. Un boulot souvent exercé par les catégories de la population les plus faibles, payé au black.

J'ai moi-même loué un Airbnb lorsque nous sommes allés à Venise en famille. 
Un bel et grand appartement, qui nous a couté bien moins cher qu'un hôtel. 
L'appartement était disponible à l'année. Nous avons été accueillis par la propriétaire. 
Mon article ICI : Venise pratique

Que reste-t-il alors de la fameuse « sharing economy » ?

Quand le data-activism lève le voile sur mes illusions

Un jour glacial de janvier, je me retrouve dans une petite salle d’une ancienne ludothèque occupée par des habitants de Venise, opposés à sa transformation en restaurant. Debout face à l’audience, le data activiste Murray Cox. Il nous raconte la transformation de son quartier à New-York, qu’il a vu devenir progressivement un dortoir touristique, provoquant mutation du tissu social et gentrification.

Il se demande alors quel lien ces transformations entretiennent avec Airbnb. Il récupère les données (data) de la plate forme de location et les transcris sur un site: Inside Airbnb.

Grâce à son travail, on peut savoir :

* Le nombre total d’annonces sur le site
* Combien d’annonces chaque propriétaire possède
* Le pourcentage de logements loués complets et non-partagés
* Le nombre de nuits par mois louées sur Airbnb
* Le revenu estimé des propriétaires par appartement.

Dans toutes les villes où la pression touristique est forte, le constat est le même : Airbnb n’est plus une sharing economy. Pourtant, l’entreprise continue d’appuyer sa communication dessus, et conserve de ce fait une image positive.

Inside Airbnb à Venise

Si on regarde les chiffres à Venise, ils sont parlants :

* Plus de 6.800 logements sur la plate-forme
* 68,4% des propriétaire ont plusieurs biens à louer sur le site (parfois 2 chambres dans un même appartement)
* 81,6% des logements de la plate-forme sont loués entiers

En moyenne, les logements sont loués 110 nuits par an.
Le revenu mensuel moyen dégagé par annonce est de 1140€/mois

Conclusion, le marché Airbnb est entre les mains de propriétaires multiples, qui choisissent de soustraire leur bien au marché traditionnel (location résidentielle).

Que reste-il de l’idée de partage quand ils ne sont que quelques-uns à se partager le gâteau ?

→ En France, les données sont disponibles pour Lyon, Bordeaux et Paris.

Qui est le méchant de l’histoire ?

Maintenant que je vous ai raconté tout ça, vous vous sentez peut être un peu coupables. Airbnb est utilisé par une grande partie d’entre nous, moi comprise. Alors je me dis qu’avant d’aller me flageller avec un manuel de tourisme durable, mieux vaut se poser la bonne question. Qui est le méchant de l’histoire ?

Le vilain touriste ? Le propriétaire cupide ? Ou la multinationale à qui on a servi le marché comme sur un plateau ?

Si je dois pointer du doigt quelqu’un, je penche vers les politiques qui ont la mission de protéger nos droits et nos villes. Certains se sont d’ailleurs réveillés, comme à Barcelone qui a imposé une taxe de séjour et interdit la location de logements entiers (il en reste cependant 48,7% selon Inside Airbnb). Ou Paris, qui a limité la location à 120 jours par an.

A Venise, les appartements loués sur Airbnb subissent ma taxe de séjour, mais à ce jour, il n’existe pas de limitation du nombre de nuitée.

Existe-t-il un Airbnb vertueux ?

Donner mon argent à Airbnb m’ennuie profondément. Je n’ai pas envie de participer à un phénomène qui transforme les centres ville en dortoirs touristique sillonné de checkinistes, sur fond de bruit de valises à roulettes.

Comment faire quand on voyage avec un budget limité ?

Pour moi, une chose est sûre : hors de question de louer un appartement entier sur Airbnb.
Depuis que j’ai pris conscience de ce problème, quand je cherche un logement sur internet, je procède ainsi :

* Je vais sur un comparateur (type Booking)
* Je repère un logement qui m’intéresse
* Puis je vais sur le site de l’établissement ou je téléphone directement pour réserver avec le prestataire.

Souvent, la chambre d'hôtel revient moins chère en passant en direct par l'hôtel qu'en passant par Booking. 
Méthode testée et approuvée notamment pour un séjour à Turin en plein mois d'août !

Car fuir Airbnb pour aller sur Booking, c’est un peu la peste et le choléra : entre 2013 et 2019, Booking aurait battu des records d’évasion fiscale en Italie, avec 350 millions d’euro, estime le journal Il Sole 24 ore. Par ailleurs, Booking est accusé régulièrement d’étrangler les hôteliers en les forçant à pratiquer des tarifs concurrentiels et de pratiquer des marges pas tellement éthiques.

Pour l’instant, je n’ai pas mieux à proposer.
Mais peut-être serons-nous sauvés bientôt … un nouvel acteur arrive sur le marché pour retourner vers un tourisme vertueux.

Fairbnb : quand le tourisme de masse finance les projets locaux

Né en réaction aux problèmes soulevés par le tourisme de masse dans des villes comme Barcelone, Venise ou Amsterdam, Fairbnb propose de réinjecter dans des projets locaux une partie des revenus générés par la plate-forme.
Contactés par email, les créateurs de la plate-forme m’expliquent que l’argent des voyageurs est ainsi réparti :

  • rémunération des propriétaires (85%)
  • financement de la plate-forme (7,5%)
  • financement de projets locaux (7,5%)

Si je prends le prix moyen d’une nuit à Venise selon InsideAirbnb, on obtient le calcul suivant :

→ sur 150€ :
127,5 € arrivent au propriétaire (qui doit les déclarer et payer des charges, bien sûr)
22,5 € de commission sont répartis entre la plate-forme (11,25 €) et des projets locaux (11,25€)

Si la plate-forme se développe correctement, le potentiel est énorme : 11,25€ par nuit dans une ville comme Venise ou le nombre de nuits vendues à l’année est pharaonique, ça représente un véritable budget et une aubaine pour les projets locaux. Le voyageur a ensuite la possibilité de choisir le projet auquel il souhaite donner : à Venise, on trouve une association qui efface les graffs et entretient des bâtiments historiques, ou le projet de relancer un chantier naval traditionnel au cœur de la ville.

Le service de réservation est disponible depuis fin-septembre pour les villes de Venise, Bologne, Barcelone, Valence et Amsterdam. Maintenant, il appartient aux voyageurs et aux propriétaires de logements de s’emparer de cette opportunité de construire un tourisme vertueux.

Et si on changeait notre façon de voyager ?

Je ne crois pas avoir apporté beaucoup d’éléments nouveaux au débat. La presse se fait souvent l’écho de l’impact négatif d’Airbnb sur les villes touristiques et les grandes villes. On le sait maintenant, nous en sommes informés.

Pourtant, contrairement à la consommation d’avion, le problème Airbnb ne semble pas toucher réellement les voyageurs et au contraire, l’entreprise continue à jouir d’une image globalement positive.

C’est ce qui m’incite à écrire cet article pour inviter à réfléchir sur le décalage entre la réalité des effets et le discours marketing opéré. Pour que cette réflexion ne s’arrête pas là et voie également émerger des alternatives, comme Fairbnb ou un retour à l’hôtellerie traditionnelle.

Connaissez-vous Solikend ? Il s'agit d'une plateforme qui reverse 100% des nuits d'hôtels réservées à des associations.
Dans ce concept, les hôteliers offrent des nuits d'hôtels, vous en profitez 
tout comme les associations dont vous partagez les valeurs.
Solikend existe aujourd'hui uniquement sur Biarritz. Espérons qu'il fasse des petits !
Parce qu'assister impuissants à la transformation des centre-villes en lieux de consommation touristique, avec les habitants chassés vers les périphéries, ne devrait pas être une fatalité. Cliquez pour tweeter

Qu’en pensez-vous ?
Utilisez-vous Airbnb et avez-vous déjà réfléchi aux conséquences des locations saisonnières sur les villes touristiques ?

Le #debatdumardi est ouvert !

 

pourquoi voyage-t-on encore avec Airbnb ?

Retrouvez Lucie sur son blog Occhio di Lucie 

Pour aller plus loin dans la réflexion, voici quelques articles très récents :
* Paris évoque l'idée d'interdire Airbnb dans certains arrondissements
* Les communes souhaitent obtenir la liste des logements loués par Airbnb
* Madrid adopte un plan anti-Airbnb
* Fairbnb, l'alternative éthique et équitable d'Airbnb

30 commentaires sur “Pourquoi voyage-t-on encore avec Airbnb ?

  • Répondre Carine sur

    La location saisonnière a depuis longtemps fait augmenter les loyers dans les grandes villes et les endroits touristiques, même avant la naissance d’AirBnB et consorts.
    Les plateformes de réservation en ligne amplifient le phénomène en facilitant la mise sur le marché de tous ces hébergements. Néanmoins, l’augmentation du nombre de touristes mondiaux en est tout autant responsable (accès au tourisme pour de plus en plus de gens en provenance des pays dits émergents, par exemple Inde ou Brésil).

    Malheureusement, je ne pense pas que notre façon de voyager changera quoi que ce soit. Tant qu’existera le tourisme de masse, il y aura de la demande en logement touristique. Donc, que l’on passe par AirBnB, par l’office de tourisme local ou qu’on aille frapper aux portes des B&B et chambres d’hôtes, cela ne changera rien. Nombre de gens voient une opportunité de gagner de l’argent dans un placement immobilier pour faire de la location saisonnière, jugée moins risquée (pour le propriétaire) que la location à usage d’habitation.
    Beaucoup préféreront louer leur bien seulement 15 semaines par an plutôt que de prendre le risque d’avoir des loyers impayés sur un bail de 3 ans. D’autant plus, que le revenu sera sensiblement le même, voire plus important si par chance le bien affiche complet une bonne partie de l’année. Et on en arrive à cette aberration que plus personne ne peut se loger dans sa ville d’origine… et que les villes et villages touristiques deviennent des musées, la population locale étant refoulée dans leurs faubourgs.

    La solution ? Ne pas participer au tourisme de masse. Facile à dire mais beaucoup plus compliqué à faire. Dois-je me priver d’un voyage à Venise pour cette raison ? Je ne sais pas. Cela dit, je n’y ai jamais mis les pieds, à chaque fois refroidie à l’idée d’attendre des heures parmi la foule pour prendre le Vaporetto.

  • Répondre Agathevisoretcie sur

    Article intéressant ! Je connaissais l’effet fléau de cette plateforme sur Venise et sûrement aussi pour beaucoup de villes ultra touristiques. Après personnellement passer par cette plateforme m’a permis de louer des logements très sympas et surtout de rencontrer des propriétaires vraiment adorables et très fiers de partager leurs bonnes adresses et leur pays/région. Du coup mon avis est plus nuancé 😊
    Là où je vis au Maroc cette plate-forme n’est pas toujours fiable donc il est préférable d’avoir un contact téléphonique préalable !

  • Répondre Barbara sur

    Hello, La storie de Ciccia& Cerva que je suis sur instagram, m’a dirigée vers cet article que j’ai parcouru avec intérêt, il correspond aux questions que je me pose ces derniers temps.
    Je suis hôte depuis 2015 et j’utilise aussi Airbnb pour voyager certaines fois. Depuis que je suis revenue en Espagne, après 3 ans en Amérique centrale, j’ai constaté que l’utilisation de la plateforme est vraiment très distincte par rapport aux pays où l’on vit, travaille ou voyage…. D’ailleurs ça m’a donné envie de faire un bilan sur ces années et d’en parler dans un billet…. si j’ose? (au passage, je connais aussi le blog de Lucie)

    J’ai aussi essayé Booking, qui, ne correspond pas du tout à la vision que j’ai de l’accueil du touriste/voyageur.
    Je découvre avec étonnement tout ce qui entourent les statistiques, les problématique de location dans les villes très prisées et j’en suis vraiment désolée….
    Ce n’est pas mon idée de mise à disposition d’endroit sympa pour se poser et profiter de vacance, avec possibilité d’autonomie partielle ou totale. En effet, le fait d’avoir une petite cuisine donne la possibilité de manger ce qu’on veut ou aller au resto si on est nul en cuisine, mais simplement, d’être libre, dans un endroit simple, confortable, PROPRE, avec le nécessaire indispensable. C’est-ce que je propose (c’est ma vision) depuis que je m’affaire à cette activité que je considère comme un travail aujourd’hui.

    Je constate qu’en Espagne la problématique de location est très problématique pour les personnes en déplacement, et c’est pour cette raison que je voudrai expliquer cet aspect plus en détails, que uniquement dans un commentaire. Je m’y penche sérieusement puisque nous avons rencontré ce problème lors de notre recherche d’appartement au moment où nous avons décidé de rester à Jerez de la Frontera.

    Je vais profiter pour faire un tour sur le blog…. hihihi
    A plus!

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Bonjour Barbara, je serai curieuse de lire votre article ! Dès qu’il sera publié, n’hésitez pas à m’envoyer le lien, je le mettrai en suite de ce billet. Il est toujours bon d’élargir le débat notamment avec le point de vue des professionnels.

  • Répondre Anne LANDOIS-FAVRET sur

    C’est une question qu’il faut se poser évidemment. Je passe parfois par Airbnb, mais j’alterne avec l’hôtel et les gîtes. Tout dépend du prix, mais aussi de la localisation du logement que l’on souhaite. Airbnb en pleine campagne n’a pas le même pouvoir nocif que dans un centre ville d’une grosse métropole. Je suis allée une fois sur booking, déjà le site est imbuvable, c’est moche, y’a trop d’infos de partout et puis quand j’ai enfin trouvé un hôtel sympa, pas trop cher, j’ai directement cherché à le contacter en direct, et c’était effectivement moins cher. De manière générale, je ne suis pas très fan des comparateurs, trop fouillis, trop de nuisances visuelles et pour souvent pas vraiment d’économies, donc une perte de temps, je vais plus vite à aller sur le site d’un hôtel ou d’une compagnie aérienne.

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Les bons comparateurs sont rares c’est vrai ! Et quand on sais qu’ils prélèvent 20% de commission, ça fait frémir :/

  • Répondre Oriane et Angel sur

    Pour compléter la liste des alternatives à Airbnb ou Booking, il y a aussi fairbooking.com, qui sur la base d’une initiative d’hôteliers français, qui en avaient marre de Booking et de ses 15% à 25% de prélèvement sur leur marge, ont souhaité proposer une alternative originale d’aide à la sélection pour le touriste, notamment avec la possibilité de sélectionner selon des critères écologiques.

  • Répondre Julie / hors du temps sur

    Quel article bien travaillé ! Et un débat très intéressant !
    Pour faire comme tout le monde, j’ai déjà utilisé Airbnb.
    Et je n’ai jamais compris pourquoi tant de monde louait ses mérites (haha mon jeu de mot n’est pas très fin)…
    – les prix (surtout dans les zones touristiques) sont similaires aux prix de logements de tourisme professionnel (chambre d’hôtes, hôtel, etc.)
    – le service est bien moindre que dans un hôtel (j’ai déjà loué un appart sur airbnb sale, mal rangé, lit pas faits, etc. ).
    – et dans les grandes villes touristiques, Airbnb contribue à augmenter la crise du logement !
    Alors, pourquoi continuer à voyager avec Airbnb ?
    Sans doute parce que ça fait bien, ça fait cool, c’est dans l’air du temps.

    Mais personnellement, j’évite de louer des airbnb, et préfère me tourner vers des hôtels ou des chambres d’hôtes. En particulier dans les zones très touristiques. Dans les zones sans tension sur le logement, pourquoi pas…

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Perso, je me moque de la tendance et pourtant, je passe parfois par Airbnb. C’est, reconnaissons-le, un site très bien fait et très pratique. En quelques clics, on trouve vraiment les logements qui correspondent à ses besoins. Airbnb est moins chronophage que d’autres méthodes pour se loger à prix raisonnables.

  • Répondre Mathilde sur

    Je n’ai utilisé AirBnb qu’à trois reprises et c’était pendant mon voyage en Australie. AirBnB à l’avantage de proposer des logements partout et quand on voyage seule, et qu’il n’y a pas d’AJ dans les parages c’est un vrai plus que de passer par AirBnB. A deux, je trouve la différence de prix pas si intéressante car il y a aussi moins de service qu’un vrai hôtel. En tant que banlieusarde de Paris, j’ai longtemps boudé AirBnB car la hausse des prix des loyers fait qu’il est devenu très difficile de trouver un logement décent à prix « correct » intramuros et c’est regrettable. Pour moi c’est aussi aux villes et aux états de prendre les mesures qui s’imposent. AirBnb peut etre à la fois une chance quand on traverse des « déserts touristiques » et un fléau.
    Pour Booking, je suis partagée, je sais qu’ils se font des marges de fous et l’évasion fiscale me met en colère (mais c’est le cas de toutes les autres grosses entreprises), mais je trouve le système annulation gratuite vraiment pratique. De plus, ils permettent de référencer les hôtels et d’offrir de la visibilité à tous (au prix fort mais quand même – je pense que cela peut offrir des opportunités à des hôtels qui ne font pas partie des grosses chaines hotelières, mais je ne suis pas non plus une experte du domaine) et surtout les avis sont assez fiables. Je continue donc à utiliser cette plateforme et quand je voyage hors saison je fais mes repérages sur booking et j’appelle le jour meme pour réserver histoire d’être flexible sur le programme.

    • Répondre CLAUDINE LANFREY sur

      Airbnb nuit aux hôteliers.il faut les éliminer.!!!

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Tu as raison Mathilde, on tape beaucoup sur les plateformes mais on oublie les politiques qui les ont laissé s’installer sans s’émouvoir. Faut dire aussi que cela les a bien arrangé … il n’y a que depuis quelques mois que certains politiques ouvrent les yeux et commencent à chercher des solutions. Un peu tardivement.
      La force de ses plateformes est indéniablement les outils technologiques qu’elles proposent … et là, les petits hébergeurs ne peuvent clairement pas ou très difficilement concurrencer.

  • Répondre Cécile sur

    Bonsoir, l’alternative existe, elle est made in Montpellier et elle est née avant Airbnb ! C’est Bedycasa. Les logeurs ne sont pas sur cette plateforme pour faire du business, leur activité est vérifiée par Bedycasa. La preuve : après avoir effectué une réservation, un conseiller Bedycasa m’a contactée pour m’informer que la resa était annulée car ils avaient un doute sur la qualité des prestations. Bedycasa pour moi, c’est le véritable esprit de l’économie collaborative : j’ai gardé contact avec certains logeurs et on s’est senti chez eux comme chez nous.

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      C’est vrai Cécile que Bedycasa est une alternative intelligente et responsable. Mais c’est dommage, elle semble très peu connue des voyageurs et notamment de la blogosphère … il y a certainement un gros travail de communication à faire au-delà de Montpellier et de l’Occitanie.

  • Répondre Saveria sur

    Je rentre de Montréal où j’ai loué mon 1er Airbnb, un logement entier avec 2 chambres vraiment charmant à moindre coût que sur abritel. Mais dans l’esprit je suis contre ces pratiques. Habitant moi-même dans une zone fortement touristique (la Corse) je constate la difficulté qu’ont les jeunes à se loger et les dérives du tout saisonnier.
    Je boycotte encore plus booking, en général je compare les prix sur tripadvisor et booking puis je vais sur le site de l’hôtel, qui est moins cher ou égal à 90%. Et de plus en plus je me tourne vers les b&b ou les maisons d’hôtes. Bon pas de bol à Québec, le propriétaire ne nous a pas adressé la parole…
    Après, je ne suis pas toute blanche non plus. Oui j’utiliserai certainement encore booking et airbnb et je commande sur Amazon. Mais j’essaie de privilégier l’acteur économique local.

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Je trouve que nous sommes nombreux à avoir le réflexe de l’appel en direct aux hébergeurs et que cela revient souvent moins cher.

  • Répondre Sophie sur

    Meme probléme en Islande á Reykjavik, AirBnB est une plaie. Je suis ici depuis 6 ans et mon loyer a doublé (chambre en coloc). Il y a une nouvelle loi depuis un ou 2 ans, c est limité á 90 nuitées par an. Mais beaucoup de propriétaires ont trouvé comment contourner la loi, ca ne suffit pas entiérement.

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      l’Islande est un cas d’étude pour de nombreux sujets liés au tourisme je crois. L’essor du tourisme sur ce petit territoire a été incroyable et a forcément des répercussions. Je ne pensais tout de même que cela équivaudrait à doubler le prix des loyers :/

  • Répondre Bourdier sur

    Les équipes municipales sont élues par les habitants. Ce sont elles qui doivent les défendre, selon les besoins de leurs électeurs.Il est trop facile de condamner Airbnb ou Facebook ou Amazon…Vous me voyez venir ? Que les politiques fassent leur travail, que les électeurs fassent le leur. Le secteur privé fait son travail, même s’il vient des USA. Au fait, pourquoi l’Europe n’est elle pas capable des mêmes performances économiques ?

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Personnellement, les performances économiques des USA ne me fait pas rêver avec son lot de salariés pauvres :/
      Mais je vous rejoins, les politiques auraient dû réagir bien avant.

  • Répondre Alexandra @Itinera Magica sur

    Merci pour cet article passionnant ! je suis totalement d’accord avec Lucie sur tout, y compris sur cet aspect : on parle beaucoup moins des dégâts causés par AirBnB que tout un tas d’autres choses (avion, plastique, animaux, par exemple), et je suis un peu stupéfaite de ce deux poids deux mesures, du fait que tant de gens qui revendiquent de voyager éthique, responsable, etc, continuent d’utiliser AirBnB. Je ne suis pas là pour jeter des pierres à qui que ce soit, je n’ai jamais prétendu être parfaite, mais je ressens une distorsion morale entre la revendication souvent bruyante des grands principes et l’utilisation d’Air BnB.
    Personnellement, tu le sais, on en a déjà discuté, je suis hyper pro hôtels et chambres d’hôtes (déclarées !), parce que je crois vraiment à un tourisme qui enrichit les territoires, qui les dynamise, qui amène des recettes, de l’activité, des emplois non précaires.
    Du coup, j’ai choisi mon camp. Chacun sa cause de prédilection, son combat : je suis une vilaine qui continuerai de prendre l’avion, mais je boycotte à la fois Air BnB et Booking depuis un peu + de 3 ans (il m’est juste arrivé d’utiliser Booking à Oman pour des hôtels qui n’avaient pas de site web dans une autre langue que l’arabe – ça compte comme excuse, non ? ;)) Je choisis toujours des chambres d’hôtes, des hôtels ou des locations de vacances (par exemple au ski) dans des résidences hôtelières. Financièrement parlant, je trouve que souvent, la chambre d’hôtes ou la résidence hôtelière est au même prix que Air BnB, voire moins chère, car Air BnB est un peu spécialiste des coûts cachés (de ménage, par exemple).
    Une exception à ma règle : j’ai été dans un Air BnB (non loué par moi ! mes mains sont pures ! je plaisante ;)) pour l’EVJF d’une amie. C’était une maison de campagne dans les Yvelines dans un coin paumé, je pense qu’on ne faisait de concurrence à personne (aucun travailleur pauvre et précaire ne se battait pour se loger ici), et ça nous a permis d’être à 12 dans la même maison, ce qui est bien pratique. Bref, j’accepte la casuistique de l’exception ;-))
    Merci pour ce billet stimulant !

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Merci Alexandra !
      Je te sais une fervente adepte des hébergeurs indépendants et une vaillante opposante aux plateformes de locations saisonnières 🙂 Et tu as raison de pointer du doigt la dissonance entre le discours éco-responsable et l’utilisation d’Airbnb mais nous sommes à une période où la cohérence écologique est rarissime je trouve. Avion, plateformes, consommation de viande, promotion pour des marques pas toujours éthiques … chacun a beaucoup de mal il me semble à se positionner aujourd’hui entre ses convictions, ses besoins, ses envies, son job … Bref, c’est simple pour personne je pense.

  • Répondre Ciccia&Cerva sur

    Ça c’est le genre de débat qu’on aime bien, celui qui dénonce mais qui ne blâme pas. Car au final, nous avons tous été clients Airbnb et il faut dire que le système est franchement bien pensé. Nous même face aux prix dans certaines villes d’Italie, nous préférons passer par Airbnb pour réduire nos frais d’autant plus qu’en ayant accès à l’appartement en entier, on a aussi l’opportunité de réduire encore les coûts en prenant le petit déjeuner à l’appartement et voire y prendre un repas.
    Maintenant, c’est clair que ce système n’est pas le meilleur et on essaie bien souvent de nous loger d’une autre manière : l’été c’est le camping même en pleine ville et en saison plus fraîche si c’est pour un weekend et hors lieux super touristiques, on privilégie les bed&breakfast. Mais jamais oh grand jamais nous réservons sur booking. Pour le coup, ça parait bête mais pour nous booking c’est vraiment le pire, le méchant. D’autant plus que comme c’est indiqué dans l’article, souvent si on appelle directement les établissements, les prix sont moins chers ou égaux. Bref, dans tous les cas on préfère le contact humain… Et téléphonique ! Déformation italienne peut-être?
    Il faut être honnête, aujourd’hui les billets d’avion sont si peu chers que les gens prennent les billets avant de s’occuper du logement et ainsi nous en arrivons à rechercher les meilleurs prix sur Airbnb. Car si un vol Paris-Rome a coûté 50 euros aller/retour, la note va être salée quand il s’agira de chercher un toit pour le weekend de Pâques ! (on exagère avec les prix mais c’est l’idée!). On ne jette pas la pierre, nous aussi nous fonctionnons parfois comme ça… En revanche, nous sommes à l’affût de nouvelles plateformes plus éthiques qui proposeraient les mêmes services que Airbnb. J’entendais en France ce weekend, qu’il y allait avoir de nouvelles lois sur les locations de logement sur Airbnb et je trouve ça très bien. Et cela devrait être mise en place également en Italie dans les grandes villes touristiques. Car effectivement, nous à Turin, nous ne faisons pas face à ce fléau mais j’imagine bien qu’à Rome, Venise ou encore Florence, cela doit être un calvaire pour se loger. Surtout quand on voit la rentabilité d’un appartement dans le centre sur Airbnb ! En attendant, essayons de voyager responsable en fonction des endroits où nous nous rendons !
    Merci beaucoup pour cet article et d’avoir ouvert ce débat 🙂
    Amélie & Laura

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Avec plaisir, merci de vos encouragements 🙂
      Turin n’est pas encore touchées par les méfaits d’Airbnb vous pensez ?
      C’est justement pour un séjour à Turin que j’avais eu un meilleur prix en appelant directement l’hôtel qui me plaisait après l’avoir sélectionné sur Booking 😉

  • Répondre Seniors en vadrouille sur

    Joli article et bonne réflexion. J’avoue renâcler avec Airbnb mais continuer à l’utiliser, avec parcimonie certes mais je l’utilise tout de même. Mais de plus en plus on a affaire avec une boite à clés et même plus une personne physique.
    Appeler directement les hôtels ? Je l’ai déjà fait et le prix proposé était supérieur à celui affiché sur Booking. Manque de chance sans doute. Couchsurfing ? je tiens à mon confort : mon appareil contre les apnées du sommeil m’est indispensable. Alors, oui, j’attends le système parfait, étique, responsable… En attendant, je continue avec les systèmes comme Booking, Airbnb, en direct…

    • Répondre La Fille de l'Encre sur

      Je pense que les différences de prix dépendent de nombreux paramètres : villes, régions, saison … et que les exemples des uns et des autres ne peuvent être des règles absolues.
      Pour les solutions éthiques : Fairbooking et Bedycasa !

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